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5 Juil, 2026

L’été est le pire moment pour mettre sa thérapie en pause

Illustration d’une personne qui annule une séance de thérapie pendant les vacances d’été

Chaque été, c’est la même chose.

Les messages commencent. « Je pars en vacances, on se retrouve à la rentrée. » « Juillet et août, c’est compliqué pour moi, on fait une pause ? » « Ça va tellement mieux en ce moment, je pense que je peux souffler un peu. »

Je comprends. Vraiment.

Et en même temps, je veux te dire ce que je ne dis pas toujours assez clairement en séance.

L’été n’anesthésie pas ce qu’on a commencé à travailler

C’est l’illusion principale. On part en vacances, le soleil tape, on est entouré de gens qu’on aime, et pendant quelques semaines on a l’impression que tout va bien. Que le travail thérapeutique a porté ses fruits. Que la pause est méritée.

Ce qui se passe en réalité, c’est autre chose.

Tout ce qu’on a commencé à toucher en séance ( les schémas relationnels, les réactions automatiques, les blessures qu’on apprend à reconnaître… ) tout ça part en vacances avec toi. Dans ta valise. Et souvent, l’été les met en scène de façon encore plus franche.

Parce que tu es avec ta famille plusieurs jours d’affilée. Parce que ton conjoint est là, tout le temps. Parce que tes enfants réclament, que ta belle-mère dit quelque chose qui t’agace, que tu te retrouves dans des situations que le quotidien ordinaire t’évitait.

L’été est souvent le premier vrai terrain de test de ce qu’on travaille.

« Ça va mieux » n’est pas une raison de s’arrêter

C’est même exactement l’inverse.

Quand quelque chose commence à aller mieux en thérapie, c’est le signe que quelque chose a bougé, pas que c’est terminé. Un os fracturé qui ne fait plus mal à l’arrêt ne supporte pas encore le poids du corps en mouvement. La rééducation commence précisément à ce moment-là.

Ce qui se consolide en thérapie, c’est fragile. Pas parce que le travail est mal fait — mais parce que les anciens schémas sont profondément installés, et qu’ils ont une fâcheuse tendance à revenir dès que la pression monte.

L’été fait monter la pression. Pas toujours de façon dramatique. Parfois juste sous forme de fatigue, de déceptions, de petits conflits qui révèlent que le travail est en cours, pas terminé.

Ce que je vois à chaque rentrée de septembre

Les personnes qui ont maintenu leur rythme pendant l’été reviennent en séance avec des choses à raconter. Des situations où elles ont réagi différemment. Des moments où elles ont reconnu le mécanisme avant d’y tomber dedans. Parfois des ratés (et c’est précieux aussi, parce qu’on peut les travailler à chaud.)

Les personnes qui ont fait une longue pause reviennent souvent avec un sentiment de régression. Pas toujours. Mais souvent. Le lien thérapeutique s’est un peu refroidi. Les outils ne sont plus aussi accessibles. Il faut un ou deux mois pour retrouver la profondeur qu’on avait atteinte avant.

Ce n’est pas grave. Ça fait partie du processus.

Mais c’est dommage. Parce que ces deux mois-là, on les avait déjà parcourus.

Tu as le droit de choisir

Je ne dis pas ça pour te culpabiliser. C’est ton choix, ton rythme, ta vie. Tu peux décider de faire une pause et c’est une décision légitime.

Ce que je veux, c’est que tu la prennes en connaissance de cause. Pas parce que l’été semble une bonne excuse. Pas parce que ça va mieux et que tu te dis que c’est bon. Mais parce que tu as vraiment besoin de souffler, et que tu sais que tu reprends en septembre.

La différence entre une pause choisie et une pause subie, c’est ce qui se passe dedans.

Une pause choisie, c’est : je continue à utiliser les outils qu’on a travaillé ensemble. Je reste attentif à ce qui se passe en moi. Je reviens avec quelque chose à raconter.

Une pause subie, c’est : j’ai arrêté parce que l’été m’a happé, et je m’en rends compte en octobre quand quelque chose ne va plus.

Ce que je te propose à la place

On n’est pas obligés de maintenir le rythme habituel. Un rendez-vous toutes les trois semaines plutôt que tous les quinze jours, c’est déjà quelque chose. Une séance en visio depuis ton lieu de vacances, c’est possible.

L’idée n’est pas de ne jamais souffler. L’idée est de ne pas laisser deux mois de vide là où tu avais commencé à construire quelque chose.

Parce que toi, tu ne t’arrêtes pas l’été. Ta vie continue. Tes relations continuent. Ce que tu traverses continue.

Ta thérapie peut continuer aussi.

Un homme qui tient un journal dans la main gauche et une tasse fumante dans la main droite. le blog d'harmonia vitae

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