Les couples qui arrivent en thérapie ne viennent pas tous au même stade. Certains sont là dès les premiers signes d’essoufflement. D’autres ont attendu des années, espérant que ça passerait. Mais dans presque tous les cas, ce qui les a amenés là, ce n’est pas l’intensité des conflits. C’est l’impression de tourner en rond.
Cet article est la première partie d’une série sur la thérapie de couple. La deuxième partie abordera ce qui se passe quand les deux partenaires choisissent de se séparer.
Pourquoi les conflits reviennent toujours aux mêmes endroits
Un conflit de couple répété n’est presque jamais vraiment à propos de ce dont il parle en surface. La vaisselle, les sorties, l’argent, les enfants : ce sont des terrains d’expression, pas les vrais sujets.
Derrière, il y a souvent des attentes non formulées. On espère que l’autre comprendra sans qu’on ait à le dire. On suppose qu’il partage nos valeurs sur ce qui compte, ce qu’est une bonne relation, comment on devrait se comporter. Et quand ce n’est pas le cas, on vit ça comme un manque de considération, voire une trahison.
Il y a aussi les schémas familiaux. Ce qu’on a appris à faire avec les conflits dans notre famille d’origine : les éviter, les dramatiser, céder, contre-attaquer. Ces réflexes arrivent dans le couple sans qu’on les ait choisis, et ils entrent en collision avec les réflexes de l’autre.
Ce que la thérapie de couple permet réellement
La thérapie de couple n’est pas une médiation. Ce n’est pas non plus un arbitrage où je décide qui a tort. C’est un espace où les deux partenaires peuvent dire ce qu’ils n’arrivent pas à dire en tête-à-tête, parce que la charge émotionnelle est trop haute ou parce que la conversation déraille toujours au même endroit.
Mon rôle est de créer les conditions pour que chacun puisse s’exprimer sans que l’autre parte en défense immédiatement. Ce n’est pas naturel, et ça ne l’est pas non plus pour moi : ça s’apprend, et ça prend du temps. Mais quand ça fonctionne, ça change radicalement la qualité de ce qui peut être dit.
On travaille aussi sur ce qui s’est abîmé. La confiance, quand elle a été entamée par des mensonges, des trahisons ou des années de distance, ne se reconstruit pas par décision. Elle se reconstruit par des expériences répétées de fiabilité, d’écoute et de présence. La thérapie peut accompagner ce processus, mais elle ne le remplace pas.
La communication, mais pas comme tu l’entends d’habitude
On entend souvent que les couples ont des «probèmes de communication». C’est vrai, mais c’est réducteur. La plupart des couples communiquent énormément. Le problème, c’est que leur façon de communiquer dans les moments de tension reproduit exactement ce qui crée la tension.
Ce qu’on travaille en séance, c’est différent. Pas des formules ou des techniques à appliquer. Plutôt : comment est-ce que tu te sens quand tu dis ça ? Qu’est-ce que tu veux que l’autre comprenne, au fond ? Et lui, qu’est-ce qu’il entend, au fond ?
Le décalage entre ce qu’on dit, ce qu’on veut dire et ce que l’autre entend est souvent spectaculaire. Le nommer, dans un espace où personne ne défend une position, ouvre des choses qui restaient fermées depuis longtemps.
Quand commencer ?
La réponse honnête : avant qu’on soit à bout. Beaucoup de couples attendent que la situation soit presque insupportable pour consulter. À ce stade, le travail est possible, mais plus difficile et plus long. Plus on est épuisé, moins on a de ressources pour faire autrement.
Une thérapie de couple peut commencer dès qu’on sent que les mêmes conflits reviennent, que la distance s’installe, ou qu’on ne sait plus comment parler de certaines choses sans que ça parte en dispute. Ce n’est pas un aveu d’échec. C’est une décision de faire autrement avant d’être à court d’options.
Je reçois les couples en cabinet à Challans, en Vendée, et en visio. Les deux formats fonctionnent : certains couples préfèrent la distance pour les premières séances, d’autres ont besoin de la présence physique. On voit ensemble ce qui convient le mieux.
Je suis psychopraticien, pas psychologue au sens de l’ARS. Pas de remboursement Sécu, mais certaines mutuelles couvrent une partie des séances.

