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13 Déc, 2023

Famille et fêtes : quand les retrouvailles réactivent ce qu’on croyait digéré

Une famille à noël

Chaque fin d’année, la même chose. On retrouve les mêmes personnes, dans les mêmes maisons, avec les mêmes rôles. Et parfois, quelque chose qu’on croyait digéré remonte à la surface comme si ça n’avait jamais vraiment été posé.

La famille : un mythe idéalisé

Dans leur ouvrage Vos parents ne sont plus vos parents, E. et M.F. Ballet de Coquereaumont soulignent le pouvoir du mythe idéalisé de la famille : cette force qui persuade que l’amour familial est une évidence. Depuis l’enfance, on se berce dans l’illusion d’un amour inconditionnel selon lequel nos parents nous aimeraient quoi que nous fassions, qui que nous soyons.

C’est au nom de cette croyance que chaque année, sans jamais s’autoriser la moindre remise en question, on retourne dans sa famille pendant les fêtes. Très souvent au détriment de ses propres besoins, de ses propres ressentis. On renouvelle ainsi son adhésion implicite à un système dont on est issu.

Ébranler le système familial

Exprimer ses émotions au sein de la famille, c’est comme lancer une pierre dans un étang calme. Pourquoi est-il si difficile pour un proche de recevoir une émotion dite négative ? Thomas d’Ansembourg l’explique simplement : il serait insoutenable de voir l’autre souffrir, en écho à sa propre souffrance, souvent niée et cachée. C’est par ce mécanisme que bien des parents sur-réagissent face à un enfant émotif, souvent au détriment de la vérité de cet enfant.

Une fois adulte, le même scénario se rejoue. Une famille devient dysfonctionnelle dès lors qu’il semble impossible d’accueillir la souffrance d’un de ses membres. La souffrance non reconnue devient alors une source de tension qui peut mettre en péril l’équilibre du système famille, et qui incite parfois l’un de ses membres à entamer une thérapie.

Passer d' »être une famille » à « faire famille »

« Faire famille » transcende l’existence familiale en soi. Cela implique de développer collectivement la capacité à entendre les souffrances de chacun, à créer un espace où chaque membre peut être authentique : avec ses idées, ses envies, ses choix. On sort de la pensée culpabilisante et jugeante pour aller vers une ouverture réelle à l’autre.

« Faire famille », c’est aussi sortir du triptyque filiation, fonction parentale et jeu de rôles, pour permettre à chacun de trouver la voie qui lui est propre. En restant prisonnier de ce triangle des Bermudes familial, on prend le risque de laisser s’établir un ordre figé qui bloque toute perspective d’évolution, fussent-elles dans des relations dysfonctionnelles ou toxiques.

Une relation saine pour un futur sain

En redéfinissant la relation entre adultes, ce qu’on pourrait appeler la relation entre « ex-parent et ex-enfant », de nouveaux droits émergent. Le droit au retrait, à dire non calmement mais fermement. Légitimer sa vérité intérieure, parfois au détriment des sollicitations familiales.

Ces droits permettent de remettre en question les schémas automatiques et de rétablir une communication d’adulte à adulte. On entre dans l’âge adulte à 18 ans, mais devenir adulte est le parcours de toute une existence.

Ce qui me frappe encore, après des années de séances, c’est de voir les méfaits de ces dynamiques sur des adultes qui me consultent parfois plusieurs années après le décès de leurs propres parents. La mort ne suffit pas à éteindre les relations familiales dysfonctionnantes. La loyauté invisible perdure par-delà les âges et les générations : c’est ce qu’explore la psycho-généalogie.

Entamer une thérapie individuelle devient alors un acte pour comprendre son histoire, non pas la réécrire, mais en devenir l’acteur pleinement présent. Les choix d’aujourd’hui sont les fondations de demain.

Je reçois en cabinet à Challans, en Vendée, et en visio. Je suis psychopraticien, pas psychologue au sens de l’ARS. Pas de remboursement Sécu, mais certaines mutuelles couvrent une partie des séances.

Un homme qui tient un journal dans la main gauche et une tasse fumante dans la main droite. le blog d'harmonia vitae

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