Le ghosting s’est imposé dans nos relations modernes comme une forme de rupture sans parole. Tout semble aller bien, puis soudain, plus rien. Pas d’explication, pas de mot, juste un silence qui claque comme une porte invisible.
On pourrait croire qu’il s’agit d’une nouveauté liée aux applis de rencontre. En réalité, ce phénomène touche quelque chose de bien plus profond : la blessure d’abandon.
Quand le ghosting réveille une mémoire ancienne
Être ghosté, ce n’est pas seulement vivre une coupure relationnelle. C’est réactiver une mémoire enfouie. Ce silence brutal fait remonter des pensées qui n’ont pas l’air d’appartenir à la situation présente : « Je ne vaux pas la peine d’être choisi », « Les autres finissent toujours par partir ».
Ce n’est pas uniquement l’absence d’un message qui blesse. C’est l’écho avec une douleur plus ancienne, souvent vécue dans l’enfance, quand on a ressenti pour la première fois la peur d’être oublié ou rejeté. Le ghosting agit comme un déclencheur contemporain de quelque chose qui n’a jamais été vraiment digéré.
Abandon réel et abandon ressenti : une nuance essentielle
Il y a une différence entre l’abandon réel (un lien qui s’interrompt effectivement) et l’abandon ressenti (une absence qui réactive une peur disproportionnée au regard de la situation). Le ghosting met les deux en jeu. Oui, il y a une rupture relationnelle. Mais l’intensité de la souffrance vient surtout de l’écho avec une histoire passée.
Reconnaître cette différence change quelque chose. On évite de confondre la personne qui a disparu avec l’ensemble des figures d’attachement qui nous ont blessé auparavant. Et surtout, ça redonne du pouvoir : on ne peut pas empêcher quelqu’un de partir, mais on peut apprendre à apaiser en soi la mémoire de l’abandon. Ce travail se fait en thérapie, et si tu n’as jamais consulté, voilà ce qui retarde souvent le premier pas.
Un paradoxe de notre époque
Jamais on n’a eu autant de moyens pour communiquer. Et pourtant, jamais la rupture n’a été aussi radicale. Un clic suffit pour effacer quelqu’un de son quotidien. La relation peut se construire vite, elle peut disparaître tout aussi brutalement, en laissant l’autre avec une blessure ouverte et aucune explication à quoi la rattacher.
Ce qu’on peut faire de ce qui se réveille
Face à un ghosting, deux chemins s’ouvrent. Le premier : rester fixé sur l’autre, chercher des réponses, attendre une reconnaissance qui ne vient pas. Le second : prendre ce silence comme une invitation à se tourner vers soi.
Accueillir l’émotion. Nommer ce qui est touché. Reconnaître la peur d’abandon non comme une faiblesse, mais comme une trace humaine, universelle. Ce travail permet de reprendre du pouvoir. Ce n’est pas la personne qui t’a ghosté qui te définit, c’est la façon dont tu accueilles ce que ça réveille en toi.
Une blessure qui peut se transformer
La blessure d’abandon ne disparaît pas par magie. Mais elle peut changer quand on cesse de la fuir. La regarder en face, parfois avec un accompagnement, permet d’en faire quelque chose. Une capacité nouvelle à poser des limites, à choisir ses relations avec plus de discernement, à s’ancrer dans sa propre valeur sans attendre que l’autre la confirme.
Le ghosting, douloureux sur l’instant, peut devenir le déclencheur d’une rencontre plus profonde avec soi-même. Parce qu’il n’y a qu’une seule personne qui ne peut pas nous ghoster : nous-même.
Je reçois en cabinet à Challans, en Vendée, et en visio. Si tu te retrouves dans ces dynamiques, si cette peur d’abandon te freine dans tes relations, un premier entretien suffit souvent à voir si un accompagnement peut t’aider.
Je suis psychopraticien, pas psychologue au sens de l’ARS. Pas de remboursement Sécu, mais certaines mutuelles couvrent une partie des séances.

